Actes 15

  1. Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés.

    Ces frères, qui étaient certainement déjà sauvés, ne comprenaient pas encore complètement le message de grâce (voir Galates 2:1-10). Ils prêchaient un mélange de la loi mosaïque (la circoncision) avec le salut en Jésus. Expliquons maintenant un point théologique très important : la révélation progressive existait certainement dans l’Église primitive. En d’autres termes, bien que le salut soit venu, les hommes ne savaient pas tout d’un seul coup. Il leur fallut du temps pour grandir spirituellement : « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour. » (Proverbe 4:18). Soulignons aussi que ce n’est pas une compréhension parfaite de la doctrine qui sauve mais un sauveur parfait : « … quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10:13). Cette compréhension devrait inspirer les croyants à être humbles et gentils, sachant que personne, autre que Dieu, ne sait tout parfaitement.

  2. Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion ; et les frères décidèrent que Paul et Barnabas, et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens, pour traiter cette question.

    Comment résoudre un débat théologique ou n’importe quel autre problème d’ordre spirituel ? Nous lisons que Paul, Barnabas et les frères de Judée décidèrent d’aller chercher de l’aide des apôtres et des anciens à Jérusalem. L’humilité et l’amour pour l’unité acceptent les conseils des anciens ainsi qu’une soumission volontaire.

  3. Après avoir été accompagnés par l’Église, ils poursuivirent leur route à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des païens, et ils causèrent une grande joie à tous les frères.
  4. Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l’Église, les apôtres et les anciens, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.
  5. Alors quelques-uns du parti des pharisiens, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu’il fallait circoncire les païens et exiger l’observation de la loi de Moïse.
  6. Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire.
  7. Une grande discussion s’étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l’Évangile et qu’ils crussent.
  8. Et Dieu, qui connaît les coeurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint Esprit comme à nous ;
  9. il n’a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs coeurs par la foi.
  10. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter ?
  11. Mais c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, de la même manière qu’eux.

    Actes 15:7-11
    Pierre raconta comment il avait atteint les non-Juifs avec l’évangile de Jésus-Christ (voir Actes 10). Il se positionna (à ce moment précis) en faveur du message de la grâce, sans l’observation de la loi mosaïque, et ce, pour les Juifs et les non-Juifs. Nous lirons plus tard qu’il eut du mal à demeurer fidèle avec cette décision.

  12. Toute l’assemblée garda le silence, et l’on écouta Barnabas et Paul, qui racontèrent tous les miracles et les prodiges que Dieu avait faits par eux au milieu des païens.

    « Toute l’assemblée garda le silence… » : Pierre, très respecté de tous, venait de prononcer une parole révolutionnaire pour l’Église. La déclaration de Pierre ouvrit alors la voie au témoignage de Barnabas et de Paul concernant leur ministère auprès des païens.

  13. Lorsqu’ils eurent cessé de parler, Jacques prit la parole, et dit : Hommes frères, écoutez-moi !
  14. Simon a raconté comment Dieu a d’abord jeté les regards sur les nations pour choisir du milieu d’elles un peuple qui portât son nom.
  15. Et avec cela s’accordent les paroles des prophètes, selon qu’il est écrit :
  16. Après cela, je reviendrai, et je relèverai de sa chute la tente de David, J’en réparerai les ruines, et je la redresserai,
  17. Afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, Ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué, Dit le Seigneur, qui fait ces choses,
  18. Et à qui elles sont connues de toute éternité.
  19. C’est pourquoi je suis d’avis qu’on ne crée pas des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu,
  20. mais qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des animaux étouffés et du sang.
  21. Car, depuis bien des générations, Moïse a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu’on le lit tous les jours de sabbat dans les synagogues.
  22. Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l’Église, de choisir parmi eux et d’envoyer à Antioche, avec Paul et Barsabas, Jude appelé Barnabas et Silas, hommes considérés entre les frères.

    Actes 15:13-22
    Jacques, le frère de Jésus et le pasteur de l’église de Jérusalem, conclut qu’il ne fallait pas troubler les croyants non-Juifs avec la loi mosaïque. Il précisa au verset 20 : « … mais qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des animaux étouffés et du sang. ». Les frères se mirent d’accord sur ces points, résumant par écrit cette entente.

  23. Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue : Les apôtres, les anciens, et les frères, aux frères d’entre les païens, qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut !
  24. Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n’avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes,
  25. nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul,
  26. ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ.
  27. Nous avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses.
  28. Car il a paru bon au Saint Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire,
  29. savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu.

    Actes 15:23-29
    La lettre fut envoyée aux frères d’origine païenne (à Antioche, en Syrie, et en Cilicie) par Jude et Silas, de la part des apôtres, des anciens et des autres frères de Jérusalem. | Les versets 28 et 29 disent : « Car il a paru bon au Saint Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. ». En s’appuyant sur Actes 15:22-29, Genèse 9:3-6 et Lévitique 17:10-11, une religion, dite chrétienne, interdit à ses adeptes les transfusions sanguines. Cela dit, cette interdiction est incohérente puisque la consommation de viandes rouges (rouges à cause de la présence de sang) est permise. Soyons clairs, Actes 15:22-29 n’a rien à voir avec les transfusions sanguines. La transfusion sanguine : A – n’est pas la consommation de sang d’animaux ; B – n’est pas une nourriture pour le corps ; C – n’implique pas un sacrifice animal ; D – ne prend pas une vie, ne profane aucunement le sang ; E – elle transfère une substance vitale afin d’assurer la vie d’une autre personne. | Le sang est sacré dans le sens qu’il représente la vie d’une personne. La vie, en fait, est ce qui est réellement sacré. Quel est donc le contexte de cette interdiction concernant la consommation du sang et des viandes sacrifiées aux idoles ? 1 – les païens avaient la coutume de manger le sang d’animaux ; 2 – ils rendaient un culte à de faux dieux, s’imaginant que le sang des animaux leur apportait des puissances surnaturelles. Cette interdiction divine faisait donc une distinction entre le peuple de Dieu et les nations païens : « Vous ne mangerez point de sang, ni d’oiseau, ni de bétail, dans tous les lieux où vous habiterez. Celui qui mangera du sang d’une espèce quelconque, celui-là sera retranché de son peuple. » (Lévitique 7:26-27) ; « C’est ici une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez : vous ne mangerez ni graisse ni sang. » (Lévitique 3:17). Soyons cohérents : Si nous observons la loi mosaïque aujourd’hui, il serait donc interdit de manger du gras. De plus, si nous interprétons ce verset comme étant une interdiction précise concernant les transfusions sanguines, d’autres questions s’imposeront : Est-ce permis qu’une mère allaite son enfant (il y a une transfusion naturelle de cellules blanches de la mère à l’enfant lors de l’allaitement) ? Est-ce que Dieu interdirait cette pratique naturelle qu’il a lui-même créée ? En gros, si une interprétation privée (d’un groupe religieux précis) de cette écriture inspire l’interdiction aux transfusions sanguines, il faut s’interroger sur la crédibilité de ceux qui interprètent ainsi ce verset. Est-ce que ces interprètes sont dignes de confiance ? Suis-je prêt à mourir pour une interprétation biblique qui pourrait changer demain ? | Aujourd’hui, devrions-nous entrer dans des débats alimentaires dans l’église ? La Bible nous donne la réponse : non ! « Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions. Tel croit pouvoir manger de tout: tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli. » (Romains 14:1-3) ; « Ce n’est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu : si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus ; si nous n’en mangeons pas, nous n’avons rien de moins. Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d’achoppement pour les faibles. » (1 Corinthiens 8:8-9).

  30. Eux donc, ayant pris congé de l’Église, allèrent à Antioche, où ils remirent la lettre à la multitude assemblée.
  31. Après l’avoir lue, les frères furent réjouis de l’encouragement qu’elle leur apportait.

    Actes 15:30-31
    La lettre fut très bien reçue au départ. Selon cette compréhension, aucun homme n’aurait besoin d’être circoncis afin d’être chrétien. Ceci dit, le livre des Actes nous révèlera plus tard, dès le chapitre suivant, que ce ne fut pas aussi simple que ça !

  32. Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours.
  33. Au bout de quelque temps, les frères les laissèrent en paix retourner vers ceux qui les avaient envoyés.
  34. Toutefois Silas trouva bon de rester.
  35. Paul et Barnabas demeurèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres, la bonne nouvelle de la parole du Seigneur.
  36. Quelques jours s’écoulèrent, après lesquels Paul dit à Barnabas : Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont.

    Paul dit à Barnabas qu’il voulait faire un suivi auprès des églises qu’ils avaient fondées.

  37. Barnabas voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc ;
  38. mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés depuis la Pamphylie, et qui ne les avait point accompagnés dans leur oeuvre.

    Actes 15:37-38
    Barnabas voulait emmener avec eux Jean, celui qui les avait abandonnés, mais Paul refusa. Ce désaccord concernant les associations ministérielles mena à une séparation entre Barnabas et Jean. Barnabas voyagea avec Marc tandis que Paul voyagea à partir de ce moment avec Silas. Rappelons-nous aussi Actes 13:2 : « Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul [Paul] pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. ». Soulignons que le Saint-Esprit avait appelé Barnabas et Saul [Paul] à servir ensemble, sans aucune mention de Jean ! Ceci dit, Barnabas insista que Jean les rejoignent et au final, il y eut une séparation entre Paul et Barnabas. Le nom de Barnabas ne sera plus jamais mentionné dans le livre des Actes.

  39. Ce dissentiment fut assez vif pour être cause qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. Et Barnabas, prenant Marc avec lui, s’embarqua pour l’île de Chypre.
  40. Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur.
  41. Il parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les églises.